Fondation Mizette Putallaz
Née Marie-Rose Putallaz en 1932 à Saint-Pierre de Clages. Artiste peintre valaisanne. Première diplômée de l'École Cantonale des Beaux-Arts en 1953. Élève d'Oskar Kokoschka. Instigatrice de La Voûte.
Portrait
Ses oiseaux, ses fleurs, ses visages sans regard ornent chapelles et écoles en Valais. Elle a obtenu en 1953 un diplôme qu'elle a dû réaliser elle-même.
« Mizette » est un petit nom valaisan ; Putallaz, « petit de taille ». Tout commence dans le bourg viticole de Saint-Pierre de Clages, où le père est vigneron et la mère encourage sa fille — « mon père trouvait que mes maisons avaient des murs un peu tordus, biscornus, mais ma mère m'a toujours encouragée ». Premiers souvenirs : « pendant l'hiver, il y avait la neige fraîche qui était tombée, j'ai vu des traces de pattes d'oiseaux ». Elle dessinera désormais toujours.
L'art se situe au milieu, entre la pensée pure et le sensible immédiat.
— Mizette Putallaz
Origines & maîtres
De Saxon à Milan, de Sion à Santiago : une formation traversée par les plus grands maîtres de l'art moderne européen.
Le jeudi 20 octobre 1949, le peintre Fred Fay inaugure l'École des Beaux-Arts à Saxon. Mizette Putallaz aura le numéro 1 sur sa carte d'étudiante. Quatre années suivront — trois à Saxon, une à Sion. C'est grâce au cours de mise en page qu'elle réalisera elle-même son propre diplôme en 1953.
L'Académie de Brera à Milan (1952-1954) l'ouvre aux maîtres du Trecento — Giotto et la Renaissance. De retour, l'École Cantonale du Valais lui fait suivre l'École de la vision d'Oskar Kokoschka (1955-56), puis l'atelier de tapisserie de Jean Lurçat en 1958.
Il m'a dit que le personnage en réalité n'était pas important, mais il pouvait être sans bras ni jambes ; c'était l'espace qui était autour du personnage qui était important. Alors je pense que mes personnages sans visage viennent de cette époque.
— Mizette Putallaz, sur Oskar Kokoschka
Puis viennent les voyages qui marqueront durablement sa palette : Chili et Amérique du Sud (1958-1960), Afrique (1962), Paris et l'atelier d'art sacré (1963), Grèce (1964-1966), Portugal (1967). En 1969, elle s'établit à Martigny. Médaille d'argent des Arts, Sciences et Lettres de la Ville de Paris en 1971.
Là-bas, je n'avais pas de toile, pas de couleur. Comme je devais économiser la couleur, j'ai commencé à peindre d'une façon plus fluide, avec moins de matière. C'est ça qui a créé mon style, en somme. C'est les besoins !
— Mizette Putallaz, sur son séjour au Chili
Naissance de Marie-Rose Putallaz dans le bourg viticole. Le père est vigneron, la mère encourage la fille à dessiner.
Fred Fay inaugure l'École Cantonale des Beaux-Arts à Saxon. Mizette reçoit la carte d'étudiante numéro 1.
Académia di Belle Arte di Brera. Découverte de Giotto, du Trecento italien et de la Renaissance.
Première diplômée de l'École Cantonale du Valais. Elle réalise elle-même son propre diplôme.
« École de la vision » d'Oskar Kokoschka. Il lui enseigne que c'est l'espace autour du personnage qui compte.
Séjour en Amérique du Sud. La nécessité fait style : peindre fluide, avec moins de matière. « C'est les besoins ! »
Retour définitif. La ville devient son port d'attache pour les décennies suivantes.
Reçoit la médaille des Arts, Sciences et Lettres de la Ville de Paris. Consécration internationale.
Œuvre monumentale pour la Maison de Commune. L'envol des oiseaux blancs sur tesselles noires.
Deux catalogues monographiques aux Éditions Fondation Pierre Gianadda. Exposition personnelle en 1997.
Présidente de la section valaisanne. Sept ans à défendre le patrimoine bâti du canton.
« Un demi-siècle de peinture » au Manoir de Martigny. Catalogue préfacé par Jean Zermatten.
Création d'un lieu vivant dans la Grand Maison et d'une fondation portant son œuvre dans le futur.
De sa main
Aquarelles et écritures originales. Une pensée tracée à la plume, en regard de la matière.
Critique d'art
Extrait du texte d'introduction au catalogue Un demi-siècle de peinture — Mizette Putallaz, Le Manoir de Martigny, juin 2007.
Mais vers quel grand silence volent les oiseaux blancs de Mizette Putallaz ? Ou encore ces choucas noirs, juste esquissés, ombres japonisantes, qui planent sur le papier sépia, geste spontané d'un pinceau magique. Mais surtout thème récurrent : colombes, pigeons, albatros, goélands, vastes oiseaux des mers, sur des fonds bleus ou blancs, comme des croix fichées dans l'azur, signes silencieux, ailes déployées, paix et méditation.
— Jean Zermatten, juin 2007
L'œuvre de Mizette Putallaz se détache et dépasse de loin la seule représentation. Même si ses œuvres sont essentiellement figuratives, elles ne sont pas descriptives ou anecdotiques : elles sont porteuses de sens, signifiantes. Mizette aime les couleurs et surtout les musiques qui murmurent en douceur. Ici, il faut du calme, de l'apaisement, du silence, du sens. De la discrétion.
— Jean Zermatten, juin 2007
« Harmonie » est certainement le maître-mot. Tant les sens lorsqu'ils accrochent l'aspect représenté, que l'esprit lorsqu'il choisit de comprendre le non-visible, se retrouvent face à cette tranquillité, à cet équilibre, à cette indiscutable force esthétique, poétique et paisible. Expression et intériorisation. Poésie et Paix.
— Jean Zermatten, juin 2007
Œuvres choisies
Une sélection extraite des catalogues Un demi-siècle de peinture (Le Manoir, 2007) et Fondation Pierre Gianadda — plus de soixante-dix ans d'œuvres, huiles, fresques et mosaïques.
L'art, c'est semblable à la vie. Faire art veut dire établir une harmonie entre les divers aspects de l'existence.
— Mizette Putallaz, catalogue 2007
Reconnaissance
Trois passages à la Fondation Pierre Gianadda de Martigny — l'institution artistique majeure du Valais et l'un des musées privés les plus visités de Suisse — qui ont jalonné l'œuvre de Mizette Putallaz et l'ont inscrite dans le patrimoine cantonal.
Catalogues & exposition
La Fondation Pierre Gianadda — lieu d'expositions internationales qui a accueilli Picasso, Chagall, Van Gogh, Rodin — édite en 1984 puis en 1991 un catalogue monographique consacré à Mizette Putallaz. En 1997, le musée lui dédie une exposition personnelle.
Ces trois passages sanctionnent une reconnaissance institutionnelle de premier plan : ses huiles entrent durablement dans la conversation artistique valaisanne, aux côtés des plus grands.
En cours de création
Une plateforme pour la promotion de l'art et du bien-être, en hommage à la première diplômée de l'École Cantonale des Beaux-Arts. Cinq axes structurent son action.
Promotion de l'œuvre de Mizette Putallaz et encouragement des artistes de la région.
Émulsion de la création par l'ouverture interpersonnelle et multidisciplinaire.
Échanges intergénérationnels — offrir du temps aux aînés.
Intégration personnelle pour une meilleure qualité de vie.
Créer le mouvement pour soi et les autres.
Dès qu'elle a acquis une apparence physique, la peinture possède sa propre vie, indépendante de celle de l'artiste.
— Mizette Putallaz
À l'écran & à l'écoute
Mizette Putallaz à la radio, à la télévision, dans la presse.
« Une Valaisanne de 84 ans raconte son parcours d'artiste peintre. »
Aligre FM · Dialogues
RTS Espace 2 · En soi et chez soi
Catalogues, presse & archives
Coupures de presse, documents biographiques et catalogues d'expositions consacrés à Mizette Putallaz.
Catalogues
Collections publiques
Publications & patrimoine